The Day of Departure
10 mai 2026

Rigarden panse ses plaies après l'attaque de Terminalia, qui a fait environ trois mille morts et blessés. Lors de la cérémonie de remise des diplômes, la directrice Cauldron Anouve prend le pari de faire reconnaître la « bravoure » de Will comme un sort à part entière — ouvrant, de justesse, les portes de la tour à un cinquantième élève inattendu.
Après l'intensité de l'affrontement contre le Divende, cet épisode ralentit volontairement le rythme pour mesurer les conséquences humaines de l'attaque : environ trois mille morts et blessés, des enseignants et des élèves parmi les victimes, une ville à reconstruire. La série prend soin de ne pas transformer la victoire de Will en happy end immédiat — le bilan est énoncé sans complaisance par Aaron Masterias Oldking lui-même lors du conseil des Magia Vander, qui s'inquiète aussi de la découverte tardive du potentiel de Will après six années passées inaperçu à l'académie, un mystère qu'il attribue à Cauldron Anouve elle-même.

Un court flashback, situé trois ans plus tôt, permet de rappeler la première rencontre entre Will et Rosty — « J'espère qu'on sera amis, Will Serfort » — avant de refermer la parenthèse sur une scène tout aussi émouvante datée d'un an avant les événements présents, où Rosty demandait déjà à Will s'il serait triste de son absence, laissant deviner qu'il savait depuis longtemps le sort qui l'attendait. Cette manière de distiller rétroactivement des indices sur la nature réelle de Rosty, sans jamais lever complètement le voile, prolonge le mystère entretenu depuis le tout premier tome.

La cérémonie de remise des diplômes constitue le cœur de l'épisode, et notamment le moment où Cauldron Anouve prend ouvertement position en faveur de Will face à un amphithéâtre sceptique : puisqu'il existe officiellement deux voies pour intégrer la tour — accumuler 7 200 points, ou inventer un nouveau sort —, elle propose de faire reconnaître la bravoure de Will comme ce second cas de figure, quitte à s'exposer à la contestation d'Edward Serfence, dont l'opposition prend ici un tour presque personnel, tant son propre passé semble faire écho à celui de Will.

En acceptant cette proposition à l'applaudimètre d'une assemblée encore sous le choc du drame, la tour admet cinquante nouveaux mages — dont Will Serfort, dans une scène de retrouvailles muette mais chargée avec Elfaria, qui clôt l'épisode sur ces mots en forme de sentence : « L'an 506 du calendrier magiaire commençait. L'année de l'espoir et de la ruine, comme on l'appellerait plus tard. » Une formule qui annonce, sans détour, que la partie la plus difficile du récit ne fait que commencer.

Le choix de distiller les indices sur la véritable nature de Rosti à travers deux flashbacks distincts, situés à trois ans puis un an des événements présents, illustre la patience narrative de la série : plutôt que de livrer une explication complète au moment le plus dramatique, elle préfère laisser le spectateur reconstituer lui-même, fragment après fragment, l'ampleur de ce qui se jouait déjà sous ses yeux depuis le tout premier tome.

La scène où Edward s'oppose une dernière fois à la décision de Cauldron Anouve, avant de s'incliner face à l'ovation de l'amphithéâtre, referme son arc de cet épisode sur une ambiguïté assumée : la série ne le transforme jamais en allié franc de Will, mais montre qu'il reste, malgré tout, sensible au jugement collectif de ses pairs.













