Teachings of the Witch
31 mai 2026

L'entraînement de Will et Julius est interrompu par une attaque de hauts mages de l'Institut, envoyés par Kreutz pour saboter leurs progrès. Une mystérieuse sorcière du nom de Keridwen intervient pour les sauver — et révèle que Kreutz projette, ni plus ni moins, de disséquer Will pour percer et industrialiser le secret du Wis.
Cet épisode approfondit la personnalité de Julius Reinberg à travers un bref aparté sur son passé — une servante de la maison Reinberg, Anna, dont l'affection sincère semble avoir été trahie d'une manière que la série laisse volontairement dans le flou, expliquant en creux le cynisme revendiqué qu'il affiche depuis le début de la série (« La bonté n'a pas sa place dans ma vie. »). Ce type de vignette, courte mais dense, illustre bien la manière dont la série continue de complexifier ses personnages secondaires même en pleine intrigue d'action.

L'attaque orchestrée par Kreutz Harlon contre Will et Julius, menée par trois anciens mages prodiges désormais relégués comme larbins de l'Institut, révèle un autre versant de la critique sociale de la série : ces hauts mages, autrefois brillants, ont eux-mêmes été broyés par le système de la tour et sont prêts à s'avilir pour en sortir. Julius, qui les reconnaît et les affronte sans ménagement, y voit un miroir déformant de sa propre ambition — sans jamais renoncer, pour autant, à sa froideur affichée.

L'intervention de Keridwen change radicalement la donne. Ce personnage, présenté comme une légende de l'académie (« la sorcière au marteau de fer »), se révèle être une multos capable de manier plusieurs éléments sans la moindre incantation — et se propose d'entraîner Will et Julius. Si son identité réelle n'est jamais confirmée explicitement dans cet épisode, plusieurs indices déjà disséminés ailleurs dans la série pointent vers une seule et même personne que l'histoire a longtemps gardée secrète.

La révélation la plus glaçante de l'épisode vient toutefois de Kreutz lui-même, dans un aparté avec son assistant Charles : loin de se contenter d'étudier le Wis à distance, il compte littéralement ouvrir le corps de Will pour en percer le mécanisme, dans le but avoué de standardiser ce pouvoir et de le rendre accessible à n'importe quel mage médiocre — une idéologie qui fait écho, de façon troublante, à celle des créateurs de la tueuse de mages. Ce basculement transforme définitivement Kreutz en antagoniste à part entière de cet arc, bien au-delà d'un simple bureaucrate rigide.

La série choisit de ne jamais confirmer explicitement, dans cet épisode, que Keridwen n'est autre que Cauldron Anouve sous une autre apparence — une réserve qui laisse au spectateur le plaisir de rapprocher lui-même les indices déjà semés depuis la première saison (la référence à la « sorcière au marteau de fer », la maîtrise multos, la familiarité immédiate avec Will) plutôt que de lui asséner une révélation toute mâchée.

L'humiliation publique des trois anciens prodiges relégués à l'Institut supérieur, bien que traitée sur un ton presque comique par leur défaite rapide face à Julius, referme un aperçu glaçant du sort réservé à quiconque échoue dans ce système : même l'excellence magique la plus brillante ne protège de rien, une fois qu'on a cessé d'être utile à la tour. C'est un rappel discret mais efficace que Julius lui-même, malgré son arrogance affichée, sait pertinemment qu'il pourrait un jour connaître le même sort — une peur qui explique en creux l'énergie presque disproportionnée qu'il met à s'assurer un avenir dans une faction.













