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Volume 1
Sans baguette

Volume 1

JP release: 9 avril 2021 · English release: 29 novembre 2022

Pour tenir la promesse faite à son amie d'enfance, Will Serfort entre à l'académie de Rigarden avec un objectif : atteindre le sommet du monde magique. Un seul problème — il est incapable de lancer le moindre sort. Il doit donc affronter les monstres des donjons pour engranger des crédits, tout en mettant son épée à l'épreuve face à un professeur qui ne le ménage pas.

Le premier tome de Wistoria: Wand and Sword pose en quelques chapitres à peine toutes les règles d'un monde où la valeur d'un être humain se mesure à sa magie. Will Serfort y fait figure d'anomalie : dans un royaume où le moindre artisan sait invoquer un sortilège, lui n'a jamais réussi à faire jaillir la moindre étincelle. Ce postulat, aussi simple soit-il, suffit à installer immédiatement l'enjeu central de la série — non pas « Will deviendra-t-il un grand mage ? » mais « comment peut-on exister, et espérer un avenir, dans un monde qui n'a pas de case pour vous ? ».

L'académie de Rigarden, où Will vient de faire son entrée, fonctionne comme un microcosme impitoyable de cette société : les élèves y sont classés selon un système de crédits obtenus en combattant des monstres dans les donjons sous l'établissement, et chaque professeur y incarne une facette différente du mépris institutionnel envers les non-mages. Le tome s'attarde en particulier sur l'un d'eux, farouchement opposé à la présence de Will, qui n'hésite pas à multiplier les épreuves humiliantes pour le pousser à l'abandon. Chaque affrontement devient ainsi un double combat : contre le monstre en face, et contre l'idée que sa présence même serait illégitime.

Ce qui frappe dans ce lancement, c'est le choix de ne jamais faire de Will une victime passive. Son épée n'est pas montrée comme un pis-aller pathétique face à la magie, mais comme une discipline à part entière, affûtée par des années d'entraînement solitaire — le genre de détail qui change tout dans la manière dont le lecteur perçoit le personnage. Le titre de la série elle-même, « la baguette et l'épée », prend ici tout son sens : ce n'est pas une histoire sur la supériorité de l'un sur l'autre, mais sur la friction entre deux traditions que tout, dans cette société, pousse à opposer plutôt qu'à réconcilier.

Ce tome inaugural correspond aux tout premiers épisodes de l'adaptation animée diffusée en 2024, qui a globalement suivi ce matériau de très près tout en resserrant certains passages pour le format télévisuel. Si l'anime bénéficie d'un atout que le manga n'a pas — la mise en scène des sortilèges en mouvement, particulièrement spectaculaire dès les premiers combats —, le format papier conserve l'avantage de la narration intérieure : on est davantage dans la tête de Will, dans ce qu'il tait sciemment à ceux qui le regardent de haut. Un excellent point d'entrée dans la série, qui ne ménage ni son lecteur ni son héros.

Toshi Aoi construit une direction artistique où le blanc domine largement la palette du royaume magique — costumes, architecture de l'académie, jusqu'aux effets de sortilèges —, un choix qui isole d'autant plus visuellement Will, souvent dessiné dans des teintes plus sombres, presque en négatif de son environnement. Cette utilisation de la couleur comme marqueur de statut social, avant même que le scénario ne l'explicite par le dialogue, témoigne d'une collaboration texte-image particulièrement pensée entre Fujino Ōmori et son dessinateur. Ce premier tome installe ainsi, dès sa couverture, un langage visuel qui va irriguer l'ensemble de la série : la solitude de Will se lit autant dans la composition des pages que dans ses répliques.

En France, la série est publiée par Pika Édition, maison reconnue pour son catalogue de shonen exigeants, et ce premier tome a rapidement trouvé son public auprès de lecteurs en quête d'une alternative moins consensuelle aux récits de mages tout-puissants. La traduction française parvient à restituer l'essentiel des variations de registre entre les scènes de classe, plus formelles, et les moments de combat, où le langage se fait plus direct — un équilibre pas toujours évident à transposer d'une langue à l'autre sans perdre en nuance.

Sans baguette

L'arrivée de Will à l'académie de Rigarden, le mépris qu'il essuie faute de magie, sa rencontre avec Colette et Sion, puis l'attaque de donjon qui culmine lors de l'événement du Praxis inter-promotions. C'est l'arc adapté par la première saison de l'anime.