Between Pride and Passion
18 août 2024

Sion trahit Will et Colette en pleine compétition, pendant que Julius poursuit son propre agenda — aux conséquences potentiellement dangereuses pour Will.
Cet épisode marque un moment de rupture attendu depuis plusieurs épisodes : la trahison de Sion, dont l'allégeance à l'équipe formée au coup d'envoi du Festival n'aura tenu que le temps d'une pression suffisante pour raviver ses anciennes certitudes. Loin d'être présentée comme un simple rebondissement gratuit, cette trahison s'inscrit dans la continuité directe de tout ce que l'épisode 2 avait installé sur son personnage : un orgueil de caste jamais totalement éteint, qui refait surface dès que la compétition remet en jeu son statut social au sein de l'académie.

La réaction de Colette face à cette trahison, mélange de colère et d'incompréhension, permet à l'épisode d'approfondir encore la dynamique de confiance qui s'est construite entre elle et Will depuis le début de la série. Contrairement à Sion, dont la loyauté reste conditionnelle à son propre confort social, Colette s'impose ici définitivement comme l'un des rares personnages dont l'engagement envers Will ne vacille jamais, quelles que soient les circonstances.

En parallèle, l'agenda personnel de Julius Reinberg, jusque-là resté relativement flou, commence à se préciser : son obsession de vaincre Will dépasse largement le simple cadre sportif du tournoi, laissant entrevoir des conséquences potentiellement dangereuses pour la suite de l'épreuve. La série prend soin de ne jamais présenter Julius comme un simple rival sportif, mais comme quelqu'un dont l'orgueil blessé pourrait le pousser à franchir des limites que le règlement du Festival n'avait pas anticipées.

Le titre « Between Pride and Passion » — entre orgueil et passion — résume avec justesse la tension qui traverse l'ensemble de l'épisode : chacun des personnages impliqués, de Sion à Julius en passant par Will lui-même, se retrouve tiraillé entre ce que la fierté lui dicte de faire et ce que son attachement réel aux autres personnages lui inspire. Un épisode charnière, qui referme la parenthèse de la formation du trio pour ouvrir directement sur l'affrontement final de l'arc du Festival.

La trahison de Sion dans cet épisode est amenée avec un soin particulier porté à l'animation faciale, la série prenant le temps, dans les secondes qui précèdent son geste, de s'attarder sur une hésitation à peine perceptible avant qu'il ne cède finalement à son orgueil. Ce type de détail, facile à manquer en visionnage rapide, change pourtant la lecture du personnage : Sion n'est jamais montré comme un traître calculateur et froid, mais comme quelqu'un dont la faiblesse de caractère l'emporte de justesse sur une conscience qui, elle, semblait pourtant prête à faire le bon choix — une nuance qui prépare, sans le dire explicitement, sa rédemption ultérieure.

Le moment de la trahison de Sion est accompagné d'une rupture musicale nette : le thème plutôt enlevé qui accompagnait jusque-là les scènes de compétition laisse place à un silence quasi total, brisé seulement par un motif discordant au piano, qui souligne la gravité du geste sans jamais verser dans le mélodrame appuyé. Ce choix de sobriété sonore, à contre-courant de ce qu'un shonen plus classique aurait pu privilégier, renforce l'impact émotionnel de la scène en laissant le silence faire une partie du travail dramatique.













